LES COSTUMES DES FEMMES MEDERIEN

Le costume de la femme de Quimper et ses alentours ne se porte pas suivant son bon gré…

Le costume est considéré comme une carte d’identité reflétant le rang social et la richesse de celle qui le porte.

Pour les tissus épais ( drap de laine ), la conception et les broderies ( fils et perles) était faite par les hommes ( la femmes n’ayant pas assez de force pour pousser l’aiguille à travers le tissus épais. Les broderies fines (coiffes) sur tissus légers ( tulle, organdi, coton etc ) restait une affaire de femme, et avant l’abolition des lois somptuaires, elles ne brodaient QUE pour le roi ou le clergé.

La femme qui porte ce costume, va vite être, (comme pour beaucoup de régions) appelée par le nom de sa coiffe.

Pour Quimper la femme sera donc appelée « borledenn » qui défini non seulement le nom de la coiffe mais aussi une petite pièce de tissus plissé se trouvant sur le dessus . Borledenn signifiant justement « bord plissé ».

La coiffe va évoluer tout comme le costume ( variant entre haute ou basse) mais sera conservée jusqu’à la disparition totale du costume et sera comme le chapeau pour les hommes, la dernière pièce du costume abandonnée au détriment de « la mode de paris » dite « kish ker »

 

LE COSTUME D’ÉTÉ 1825

le costume de 1825 appelé aussi « rayé » par la particularité de son tablier de l’époque se compose : d’une chemise ample de coton blanc portée sous le corselet ( sans camisole, nous sommes en été et le confort dans les activités quotidiennes prime)

le corselet est orné de galons au fil d’or sur toile de drap de laine

la jupe est ample et juste au dessus de la cheville elle aussi ornée de galons de fil d’or

la coiffe est couvrante et portée sur une sous coiffe de couleur ( le nombre de sous coiffe pouvait varier suivant la richesse)

LE COSTUME DE CÉRÉMONIE 1850

le costume de cérémonie de 1850 aussi appelé « rouge » se compose

d’une chemise brodée aux manches, au plastron ainsi qu’au col

d’un corselet paré de rubans, galons et perles ( perles de verre qui font leur apparition et dont les plus riches s’emparent aussitôt)

d’une jupe large et qui s’allonge pour descendre sous la cheville

Ce costume représentant un costume de cérémonie ( mariage) il est porté avec de nombreux accessoires que « la mode » n’abandonnera plus .

les accessoires:

le ruban de mariage, qui remplace sur la coiffe les deux guides de dentelle flottantes, descend, passe devant le cou, et remonte s’accrocher sur l’arrière de la coiffe

la parure de cou : il s’agit d’un ruban faisant le tour du cou, avec plusieurs pans tombant dans le dos et un pan descendant sur la poitrine, plus large, portant le cœur et la croix en or, cuivre ou argent.

le scapulaire: symbole de la protection divine. Ces deux plaques reposent sur la poitrine et sont reliées entre elles par un ruban qui passe sous la collerette.

la ceinture qui laisse pendre plusieurs pans dans le dos

les chaussures de cuir (vache ou chameau) font leur apparition et seront agrémentées pour certaines de boucle de métal


LE COSTUME DE SERVANTE

Ce costume de servante est de couleur bleue. les atours que les femmes arborent sont les mêmes que les femmes de la région pour les dimanches

elles portent sur une chemise blanche, aux poignets décorés et a la collerette de dentelle, un corsage à manches mi longues, dont le devant recouvre toute la poitrine.

les manches du premier sont ornées d’un triple parement. le second en est dépourvu mais son dos est d’un bleu plus clair

les jupes peuvent être bleues ou rouges.

LE COSTUME DE CÉRÉMONIE 1880

Le costume de cérémonie 1880 est une reproduction d’un authentique costume provenant d’une collection privée .

Il est orné de riches galons de fil d’or ( on retrouve des similitude dans les pays de l’est comme la Russie mêmes techniques et même motifs) Les tissus sont précieux, satin de soie par exemple et le choix des couleurs en harmonie la plus proche avec ce qui se faisait à l’époque ( compte tenu de la difficulté à trouver les même matériaux aujourd’hui).

les broderies ( coiffes ) sont faites mains comme d’antan ,et perles de verre et sequins garnissent les galons de satin.

les motifs de perlages restent comme jadis sur les thèmes floraux . La difficulté a trouver des tissus similaires( satins brochés) à poussé l’équipe de confection à se fournir a l’étranger ( USA et RUSSIE)

l’équipe de confection se composait de 3 personnes membres du groupe et le tout supervisé, par des personnes de renom dans l’expertise de costume breton. Tout cela afin de ne pas sortir de la tradition. la confection de 5 costumes plus le costume de la reine du groupe 2018 Elisa Garguet a duré pratiquement une année.

Pour un résultat qui comble de bonheur le public et les jeunes femmes qui le portent avec fierté et précaution . il est très difficile d’estimer un prix pour un tel costume mais certainement aussi conséquent que l’investissement d’une femme du XIX ème siècle pour son mariage.

Nous ne pouvons que féliciter cette équipe de confection pour la masse et la qualité de travail fourni et surtout ce résultat SPLENDIDE.

LE COSTUME DE TRAVAIL 1890

 

Le costume de travail 1890 région Ploaré (29)

Le costume de la région de Ploaré ( limitrophe du pays Glazik ( Quimper)  et Pen Sardin (Douarnenez) ) se compose :

D’une chemise de toile naturelle chanvre, coton , lin … etc portée manche repliée et possédant une collerette plus ou moins amidonnée pour le confort de celle qui le porte

D’un corselet en drap de laine bleu glazik ( il pouvait être aussi de différentes couleurs ) rehaussé de velours noir « piqué » ( façon de froncer le velours)

D’une jupe de drap de laine noir avec des galons de coton bleu ciel

D’un tablier de toile épaisse appelée aussi « pilou » se lassant sur le devant avec des poches ornées de galons bleu assortis a la jupe

LE COSTUME DE DIMANCHE 1900

Le costume de dimanche est de couleurs austères suite aux différentes guerres survenues dans le pays, les décennies passées.

Le deuil se portant durant trois années, les femmes de cette époque n’avaient pas le temps de sortir du deuil que déjà les guerres suivantes faisaient des ravages.

Le noir deviendra donc une couleur que les femmes adopteront comme habituelle et s’en accommoderont bon gré mal gré..


LE COSTUME DE CÉRÉMONIE 1900

Même si les guerres touchent à leur fin, les mariages reprennent avec le retour des hommes au pays.

La base du costume restera donc le même mais la richesse fera évoluer les costumes vers la broderie au fil d’or torsadé appelé « cannetille »

Les motifs resteront champêtres et floraux ( il s’agit quand même de costumes « Paysans »)

La coiffe se rétrécie et laisse largement apparaitre le cheveu que les femmes ne manqueront pas de crêper et monter très haut ( parfois même au dessus de leur coiffe, la dissimilant complétement )

LE COSTUME DE CÉRÉMONIE 1950

Le costume de Quimper se portera jusque la fin des années 70 et n’évoluera plus guère.

La jupe remonte pouvant même arriver sous le genou (dans les dernières modes), la jupe est moins large et du coup plus décorée de perle et broderie de fil ( toujours en fonction de la richesse de celle qui le porte)

La coiffe se dresse vers le ciel pouvant atteindre prés de 17cms, accompagnée d’une collerette conçue dans des tissus fins (organdi) pour les plus riches et entièrement brodée à la main .

Le tablier sera lui aussi plus court laissant largement apparaitre les broderies de la jupe et fait de satin de soie que les femmes broderont.

Pour toutes et tous le costume est un bien précieux ( car bien souvent tout au long d’une vie, comme aujourd’hui, le costume de cérémonie était unique, un peu comparable a la robe de mariée de nos jours).

A contrario, à l’époque, les femmes le ressortaient dés qu’une grande occasion se présentait ( mariage , grand pardon, grande fête religieuse etc)

Mais le reste du temps, le soin pris pour conserver son costume ( feuilles de papier de soie, rangé a plat dans les armoires, coiffes lavées et désamidonnées, ) nous permettra encore aujourd’hui de découvrir d’authentiques « vrais vieux » sortis de leur temps, qu’il nous est donné parfois de vous présenter durant l’été.

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